Extraits des lettres du père Serge
à l’une de ses filles spirituelles

1. Tous les Saints et les Justes, sans attacher aucune attention ni à la sècheresse, ni aux pensées, ni aux insultes, ni à la joie, ni au plaisir, ni à la consolation spirituelle, n’ont tendu qu’à une seule chose: être fidèles au Seigneur – dans un accomplissement de chaque instant de Ses commandement, dans le service du prochain, dans la garde du cœur et dans tout ce qui s’y rattache.

2. La cause de tous nos désordres intérieurs et extérieurs est unique: l’abandon de la prière ! Prier, prier, prier – et tous sera harmonieux. Voila la recette générale et universelle. Il n’y en a pas d’autre. Nous sommes faibles – parce que nous sommes seuls. Nous sommes seuls – parce que le Seigneur n’est pas là ! Le Seigneur n’est pas là – parce que nous ne Lui demandons pas d’être avec nous ! Tout est là. Plus nous prierons avec ferveur, sans interruption, avec attention, plus s’ouvrira au dedans de nous, vite, véritablement, le Royaume de Dieu – voila, le bonheur et la félicité! Rien de plus ne nous est nécessaire ici bas. Et celui qui [demeure] dans le Royaume, – [celui-là,] il Règne !

3. La vie spirituelle véritable c’est la paix et la joie dans le Seigneur. Pour construire la paix du cœur, il faut, de notre côté aussi, nous y efforcer [et y mettre] tous nos soins et toutes nos peines possibles – tout en sachant que la paix intérieure véritable est un don de Dieu. Pour cela, il s’ensuit qu’il faut éliminer du cœur tout ce qui peut enfreindre cette paix intérieure: c’est-à-dire les sentiment mauvais, l’irritation, l’envie, la convoitise, les vains soucis (la préoccupation pour des vanités), etc. Avec tout cela nous est enlevée la paix intérieure et le repos [spirituel]. Ayez la paix en vous-même et le but est atteint. Tel est l’état bienheureux (благобыттие) et la béatitude. Ne vous souciez que de cela. Lorsque vous voyez que la paix est endommagée par quelque chose, tout de suite rétablissez la – depuis le matin, jusqu’au soir. Vous avez péché – ne vous découragez pas, mais avec simplicité demandez au Seigneur de vous pardonner, invoquez de nouveau son saint Nom et vous goûterez une douce paix du cœur. Voila quelle est la vie spirituelle véritable – ce ne sont ni les prosternations, ni les exploits ascétiques, ni les jeûnes, mais la paix et la joie dans le Saint Esprit. Cela est parfaitement adapté, facile et accessible, à tous et à chacun. « Prends, et garde ! » – Il suffit de le vouloir!